LIBAN, toute une région convoitée depuis plus de 5000 ans

LIBAN, toute une région convoitée depuis plus de 5000 ans

Le Liban, ou Lubnan en arabe, signifie blanc ou lait (en référence au manteau neigeux qui recouvre les montagnes libanaises en hiver) est un pays très ancien. Dès l’époque phénicienne, il s’est imposé comme un carrefour culturel et commercial. Les Phéniciens, un peuple de marins aventureux, ont fondé des comptoirs et des cités sur tout le pourtour de la Méditerranée. Le pays fut ensuite sous la domination de plusieurs grandes puissances étrangères, qui marquèrent plus ou moins durablement le pays : les Perses, les Assyriens, les Grecs (Macédoniens), les Romains, les Grecs byzantins, les Arabes, les Croisés, les Mamelouks, l’Empire ottoman.

Notre pays a trop souvent traversé des périodes difficiles, marquées par les guerres civiles et régionales, notamment entre 1975 et 1990, ainsi que durant l’agression israélienne en 2006. Le pays est à l’heure actuelle directement partie prenante du conflit syrien qui a débuté en 2011, et accueille aujourd’hui près de deux millions de réfugiés syriens sur son sol.

Byblos, Beyrouth et Sidon font partis des plus anciennes villes habitées au monde. Le caractère pluriconfessionnel qui caractérise le pays se retrouve dans ses paysages, à travers les nombreuses mosquées anciennes, des synagogues et les églises.

Avec des petits bouts de tous les coins du Moyen-Orient, une histoire et une culture considérable, le Liban vous invite à explorer l’un des pays les plus fascinants du Moyen-Orient.

 

LA CUISINE LIBANAISE, l’une des meilleures au monde.

Le moment que j’adore c’est quand j’entends cette voix de ma grand-mère à la fenêtre : « Monte mon fils, on mange ». Car comme vous le savez, la cuisine Libanaise a gagné depuis des lustres ses lettres de noblesses. Comme toute cuisine, elle s’est enrichie avec le temps de saveurs nouvelles depuis des milliers d’années. Toutes les populations qui l’ont traversé, occupé ou y ont trouvé refuge ont apporté leur savoir-faire culinaire, pour enrichir davantage le fameux mezzé. Cette sélection de plats représente depuis l’ère des sultans ottomans un succulent banquet auquel aucun hôte n’aurait osé échapper. La variété des formes et des couleurs des mezzés devaient séduire l’œil avant même d’être dégustés. Allez. Prenez un morceau de pain Libanais, la dégustation commence !

(١) Lebanese Cuisine_Flickr_CC

(١) Cuisine libanaise

RELIGIONS, sujet très important au Liban

Les religions au Liban sont réparties en 18 confessions reconnues par l’État et représentées à l’Assemblée nationale libanaise grâce à un système de réservation de sièges, principalement musulmanes et chrétiennes.

Les musulmans forment environ 53 % de la population (chiites (27%),  sunnites(23%), alaouites ou ismaélites voir autres (3%)). Les chrétiens enregistrées représentent environ 43 % (maronite(39%), grecs orthodoxes, grecs catholiques, arméniens orthodoxes, arméniens catholiques, protestants, romains catholiques, syriaques catholiques, syriaques orthodoxes, assyriens, chaldéens et coptes (4%)) et les druzes autour de 4%1. Les Juifs libanais, minorité ancienne, ont pour la plupart quitté le pays.

Les sunnites sont concentrés au centre de Beyrouth, dans le nord du pays et dans les grandes villes du littoral méditerranéen, les chiites, dans la banlieue de Beyrouth, au sud du Mont-Liban et dans le nord de la plaine de la Bekaa. Les maronites sont rassemblés en périphérie et dans Beyrouth et dans la moitié nord du Liban. Les druzes sont regroupés au Sud du Mont-Liban et dans l’Anti-Liban (1).

Enfin on peut aussi affirmer avec beaucoup de certitude que la présence des 2 millions de réfugiés syriens présents à l’heure actuelle sur le territoire libanais bousculent durablement la donne géographique du pays, tout comme les Palestiniens l’ont fait dans les années 1960 – 1970.

Pendant que je continue de savourer ces délicieux mezzés, je vous invite à un petit tour du Liban.

BEYROUTH, une longue marche vers la reconstruction

(٢) Beyrouth by Night_Cr.Omar Chatriwala Flickr_CC

(٢) Beyrouth by Night

Avant de sombrer dans une violent et longue guerre civile, le Liban a longtemps été appelé la Suisse du Moyen-Orient, et sa capitale, Beyrouth, était décrite comme le « Paris du Moyen-Orient ». Si la ville s’est depuis reconstruite en se parant d’imposantes tours à l’architecture moderne, les cicatrices d’un passé proche et violent sont toutefois toujours visibles. Comme dans beaucoup de pays du sud, la ville est également victime d’une architecture ou s’affrontent les maisons traditionnelles et les immeubles modernes, les vieilles ruelles et les grandes avenues, où les charrettes de vendeurs ambulants coupent la priorité aux voitures de luxe.

La Grande Mosquée de Beyrouth est une des principales attractions historiques de la capitale. Cette mosquée prit le nom de Al-Omari en hommage au calife Omar Ibn Al-Khattab. Elle fut construite en 1113, sur l’emplacement d’une ancienne église byzantine, elle-même élevée sur les ruines d’un temple païen antique. C’est avec le control des Mamelouks, en 1291, que l’église fut transformée en mosquée et remaniée par l’Émir Sunjur sous le règne du roi Al Ashraf Khalil, fils du Sultan Qalaoun.  Il reste encore quelques bains romains, le Cardio Maximus et la Place des Martyrs, une statue érigée à la mémoire des nationalistes libanais qui ont été pendus par les Ottomans pour s’être révolté pendant la Première Guerre mondiale (cette statue est encore criblée de balles de la guerre civile).

En fin d’après midi, je vous emmène sur la célèbre Corniche de Beyrouth qui longe la mer sur plus de 4 km. C’est un endroit très populaire où la population se retrouve, jour comme de nuit, pour une ballade, une shisha ou tout simplement échapper au bruit de la ville et admirer le coucher du soleil. Le site naturel des rochers du Pigeon est l’emblème le plus célèbre de Beyrouth, figurant même sur des billets de banques.

 

BYBLOS

(٣) Byblos_Cr.Ismail Tawfik_Flickr-CC

(٣) Site antique Ba’alat Gebal, Byblos

A 40 km au nord de Beyrouth, sur la côte, l’ancienne cité de Byblos (2) est l’une des plus anciennes villes du monde à avoir été continuellement habitée. Les premiers habitants se sont installés là à l’époque néolithique, il y a 7 000 ans. A Byblos, ou Jbail en arabe, les archéologues ont découvert des restes de huttes préhistoriques, des armes primitives, ainsi que plusieurs jarres d’argile, qui semblent dater des époques Néolithique et Chalcolithique.

Au troisième millénaire, elle devint le plus grand port de commerce de la région grâce à l’exportation du bois et de l’essence de cèdre vers l’Égypte. Centre phénicien le plus florissant jusqu’au Xe siècle av. J.-C., elle inventa une écriture phonétique alphabétique qui servira de base aux alphabets modernes. Envahie tour à tour par les Perses, Alexandre le Grand, les Romains, les Byzantins et les Arabes, Byblos retomba dans l’oubli après avoir été conquise puis abandonnée par les croisés.

Byblos a conservé son port historique et sa vieille ville pleine de charme. Les ruines, au sud de la vieille ville, prolongent les vestiges du château des croisés qui dominent les remparts médiévaux de la ville. On peut voir là des vestiges de huttes datant du cinquième millénaire, le temple de Baalat Gebal (2 800 av. J.-C.), un temple en forme de L (2 700 av. J.-C.), un temple du début du deuxième millénaire, ainsi qu’un amphithéâtre de l’époque romaine.

Parmi les autres points d’intérêt de Byblos figurent le Musée de cire, qui retrace l’histoire et la culture du Liban à travers une série de tableaux parfois terrifiants, un souk très animé, ainsi qu’une plage très étendue près de laquelle se trouvent des ruines sous-marines.

 

TRIPOLI

(٤) Masjid Al Mansouri-Tripoli_Cr.Melhem Rizk_Flickr.CC

(٤) Masjid Al Mansouri, Tripoli

Après Beyrouth, la deuxième plus grande ville du pays c’est Tripoli. Une ville plus moderne que le reste du Liban, qui garde pour atouts son histoire médiévale et son architecture mamelouk. La citadelle Saint-Gilles, érigée en 1103 par les croisés, domine la ville. Largement incendiée au XIIIe siècle et partiellement reconstruite au XIVe, elle a subi de nombreuses modifications depuis lors, mais reste un monument impressionnant. À Al-Mina, le quartier du port, on peut admirer la tour du Lion, le seul exemple d’architecture défensive héritée des mamelouks.

La ville a mieux survécu à la guerre civile que la plupart des villes libanaises. La vieille ville, qui s’étend vers l’est, est un labyrinthe de ruelles, de souks colorés, de hammams, de khans, de mosquées et de madrassas. C’est un endroit animé où les artisans continuent à travailler comme ils le faisaient déjà au XIVe siècle. Elle abrite par ailleurs des trésors d’architecture mamelouk, notamment la mosquée Taynal (XIVe siècle), la madrassa Al-Qartawiya et le mihrab enchevêtré de sa mosquée ainsi que la madrassa Al-Burtasiya.

Tripoli est également réputée pour être la capitale libanaise des sucreries : tout passage ici serait en effet incomplet sans goûter à ces friandises. Les souvenirs d’enfances me reviennent !

 

TYR

(٥) Tyr_Mosaic Street_Cr.A.Zwengers_Flickr CC

(٥) Vestiges d’anciennes colonnes Romaines, Tyr

Au sud de la côte libanaise, l’ancienne Tyr a été fondée par les Phéniciens au troisième millénaire (3). Durant cette période phénicienne, Tyr était réputée pour la fabrication de la pourpre et du verre.

La partie ancienne de Tyr est située sur la péninsule, tandis que la ville moderne se trouve légèrement en retrait sur le continent. Plus loin au sud, on peut visiter ce qui reste de la Tyr du temps des Romains. Ces ruines romaines comprennent une route bien préservée qui passe sous une arche monumentale. Longée d’un côté par un aqueduc, elle est bordée de part et d’autre par une centaine de sarcophages en pierre et en marbre taillés et finement sculptés. L’hippodrome du IIe siècle, l’un des plus vastes à l’époque romaine, pouvait contenir 20 000 personnes.

Gros point de vigilance, Tyr n’est qu’à 20 km au nord de la frontière israélienne. Aux moments les plus tendus, les environs présentent un intérêt stratégique particulier pour les attaques terroristes israéliennes. Il est alors prudent d’éviter la région. Le reste du temps, la visite de la ville est sans danger particulier.

 

BCHARRÉ

A environ à 30 km de Tripoli à l’intérieur des terres, le trajet vers Bcharré et Les Cèdres, traverse l’une des régions les plus belles du Liban. La route serpente sur des pentes montagneuses et longe des gorges spectaculaires. Les villages de maisons aux toits de tuiles rouges sont perchés en haut des collines ou accrochés à flanc de rocher. À chaque tournant, on découvre des plantations d’oliviers, des vignes, des vallées riches et des sommets montagneux.

En dessous de Bécharré, la route grimpe vers la toute dernière forêt libanaise de cèdres bibliques, qu’on appelle ici arz-ar-rab (cèdres de Dieu). Il ne s’agit que d’une petite forêt, car cet arbre, qui poussait autrefois partout au Liban, a été largement surexploité. Certains de ces arbres sont vieux de 1 500 ans, et le site est classé monument national. En-dessous de Bécharré, bordée de sentiers sur plusieurs niveaux, la gorge de Kadisha est très appréciée les randonneurs.

 

BAALBEK

A 86 km de Beyrouth, la petite ville de Baalbek abrite de nombreux vestiges romains, c’est peut-être même le site archéologique le plus remarquable du Liban.

(٦) Baalbek Temple, Lebanon_Cr. Paul Saad

(٦) Ruines du temple de Jupiter, Baalbek

L’acropolis de Baalbek est l’une des plus vastes au monde (4). Le complexe mesure environ 300 m de long et comporte deux temples avec leurs portiques, deux cours et une enceinte. Le temple de Jupiter, achevé autour de l’an 60, domine une haute plate-forme au sommet d’un escalier monumental : seulement six de ses gigantesques colonnes (22 m) subsistent encore aujourd’hui et donnent une idée de l’échelle du bâtiment original. Tout proche, le temple de Bacchus, qui date de 150, est assez bien conservé. À l’extérieur du site principal se trouve le petit temple de Vénus, un bâtiment circulaire doté de colonnes cannelées.

Après ce voyage dans le passé, si vous avez toujours soif de découverte, je vous conseille de vous rendre à 

Zahlé : À une quarantaine de kilomètres de Beyrouth à l’intérieur des terres, Zahlé est une station de vacances pleine de charme et d’attraits, située sur les berges pentues de la rivière Birdawni. Durant l’été, le site est très fréquenté par les gens de la région et les Beyrouthins qui viennent savourer là l’une des meilleures cuisines du pays!!!

Aanjar : Vous verrez dans la rue principale la dépouille majestueuse de la seule cité fortifiée des Omeyyades au Moyen-Orient.

Beiteddine : Promenez-vous dans les jardins de ce magnifique palais de l’époque ottomane et admirer les belles mosaïques.

 

 

A bientôt, autour de quelques mezzés!

 

 

Sources:

(1) Religions au Liban : https://fr.wikipedia.org/wiki/Religions_au_Liban

http://antikforever.com/Syrie-Palestine/Phenicien%20Cananeen/byblos.htm

http://antikforever.com/Syrie-Palestine/Phenicien%20Cananeen/byblos.htm

(4) http://antikforever.com/Syrie-Palestine/Phenicien%20Cananeen/baalbek.htm

Photos:

(١) Lebanese Cuisine_Flickr_CC

(٢) Beyrouth by Night_Cr.Omar Chatriwala Flickr_CC

(٣) Byblos_Cr.Ismail Tawfik_Flickr_CC

(٥) Tyr_Mosaic Street_Cr.A.Zwengers_Flickr_CC

(٦) Baalbek Temple, Lebanon_Cr. Paul Saad_Flickr_CC

 

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